rougeline

Faire aimer les fruits et légumes à vos enfants, c’est possible !

16.12.2018

Devant une poêlée de légumes, le sourire de vos enfants s’évanouit ? Ne vous découragez pas ! Voici quelques conseils pour les réconcilier avec la verdure dans l’assiette et une alimentation saine.

Par Murielle Giordan  

 

Les fruits et légumes : indispensables pour nos bouts de choux !

A partir de 3 ans, votre enfant mange comme vous, et non plus comme un bébé. Jusqu’à l’adolescence (autour de 12 ans), leurs besoins nutritionnels restent pourtant difficiles à évaluer, les vitesses de croissance étant variables. Mais ce qui est indéniable, c’est qu’une alimentation équilibrée et variée est indispensable pour eux. Les fruits et légumes sont donc essentiels, car très riches en vitamines, minéraux et en fibres. Ils sont aussi peu caloriques et ont le pouvoir de prévenir des maladies à l’âge adulte (cancers, maladies cardiovasculaires, obésité, le diabète…). D’où l’intérêt de leur en faire consommer à tous les repas (5 par jour est la recommandation), en variant les espèces, les modes de cuissons et les recettes de cuisine. On vous conseille de privilégier plutôt les fruits et légumes frais, d’autant que les fruits au sirop vendus en supermarchés sont souvent très sucrés. Quant aux jus de fruits, ils sont considérés comme une portion de fruit, à préférer sans sucre ajouté et frais. A éviter : les nectars qui sont plus caloriques et assez pauvres en fruits.

 

Oui mais…mon enfant souffre de néophobie alimentaire !

Et là c’est le drame : au repas, vous vous heurtez à moult refus et à des « Non j’aime pas ! » catégoriques. Votre enfant souffre peut-être de néophobie alimentaire. Késako ? C’est une phase très courante chez les enfants de 18 mois à 6 ans, surtout jusqu’à 3 ans (moment de la phase du « non », appelée aussi « phase de l’opposition »).  L’enfant a alors peur de la nouveauté dans son assiette. Du jour au lendemain, il refuse tout ce que vous lui proposez, il rechigne à goûter un nouvel aliment et va le rejeter en bloc. A ne pas confondre avec un simple caprice à table... Cette phase, normale, demande aux parents un peu de patience et surtout quelques astuces pour en venir à bout, et en douceur.

 

Astuce N°1 : Commencez tôt !

Dès la naissance de votre bout de chou, et si vous allaitez, privilégiez une alimentation variée. En consommant régulièrement vous-même des fruits et légumes, votre lait en sera « parfumé » et vous partagerez leurs bienfaits avec votre bébé, qui ainsi aura déjà une petite idée de cette multitude de saveurs.

Entre six mois et neuf mois, place à la diversification ! La bonne idée : multiplier les purées cuisinées maison, les soupes, les compotes …et faire la razzia de fruits et légumes de saisons au marché. Plus vous achèterez de produits différents, plus votre enfant profitera d’une variété de goûts. Même si vous essuierez probablement quelques refus de temps en temps, les tout-petits adorent découvrir de nouveaux goûts. Pour commencer, présentez-lui les légumes un par un pour que l’enfant apprenne à les reconnaître: d’abord la carotte, ensuite les petits-pois, puis la courgette, et en dessert la pomme, puis la pêche, la poire… De cette façon, l’enfant apprendra à les différencier entre eux. Vous pourrez ensuite les associer à d’autres légumes, pour varier.

 

Astuce n° 2 : Impliquez vos enfants

Pour les familiariser avec les tomates en été ou les poireaux en hiver, faites-les participer ! Depuis les courses jusqu’à la préparation des repas à la maison. Emmenez-les avec vous faire les courses au marché, baladez-vous dans les étals, jouez avec eux à reconnaître tel ou tel fruit et légume, sous forme de jeu. Parlez-lui des saisons, expliquez-lui quels légumes on peut manger pendant l’automne, l’hiver… Plus votre approche sera pédagogique et ludique, moins votre enfant émettra de réticences et sera ouvert à la découverte. N’hésitez pas à solliciter ses sens : le toucher, l’odorat… En cuisine, faites-le aussi participer! Selon son âge, il pourra vous aider à concocter une soupe, à la mélanger, à assaisonner une salade, éplucher une pomme ou une poire. Pour commencer, proposez-lui des recettes qu’il aura des chances d’apprécier ou ouvrez ensemble un livre de cuisine illustré avec photos pour faire votre choix (vous pourrez bien-sûr adapter la recette selon son niveau de difficulté). Il existe moult tâches qu’on peut confier sans peine aux enfants, même petits : laver les fruits et légumes, presser des fruits, mélanger et fouetter une préparation, étaler de la pâte avec un rouleau à pâtisserie… Et n’oubliez pas de lui enfiler un petit tablier de cuisine pour le transformer en apprenti-chef !

S’il est vraiment trop petit, approchez sa chaise haute du plan de travail pour qu’il vous regarde cuisiner, et expliquez-lui ce que vous faites. Cela lui donnera le goût de faire la même chose dès qu’il sera un peu plus grand. Pour éveiller ses sens et son intérêt, la cueillette en famille à la ferme ou chez un producteur est aussi un bon compromis.

 

Astuce n°3 : Cuisinez autrement et soignez la présentation

Pourquoi ne pas réaliser un visage à partir de carottes, un bonhomme avec des morceaux de chou fleurs ? La cuisson et la façon de cuisiner peuvent aussi tout changer : un légume grillé au four avec une petite sauce plutôt qu’à la vapeur ou une tarte à la tomate au lieu de morceaux en salade sera plus appétissant. Si vos enfants ne jurent que par les frites et les pizzas, présentez-leur des légumes avec. Ils adorent le fromage fondu ? Faites cuire des brocolis et recouvrez-les d’emmental râpé, et passez le tout sous le grill du four quelques minutes. Tartes salées, quiches, cheeseburger aux légumes avec roquette et fines tranches de courgettes et mozzarella à l’intérieur… sont aussi de bons moyens d’intégrer les légumes dans leur alimentation. L’œuf cocotte à la tomate a aussi beaucoup de succès : lavez d’abord la tomate, coupez-lui un chapeau. Creusez l’intérieur de la tomate et saupoudrez le fond d’un peu de basilic. Cassez ensuite l’œuf et versez-le dans la tomate, saupoudrez de paprika ou d’un peu d’origan et enfournez le tout 15 à 20 min dans le four préchauffé à 180°C. Ne vous privez pas des épices et herbes aromatiques, qui boostent certaines saveurs.

 

Astuce n°4 : Restez zen

Face à plusieurs refus, la tentation de jeter l’éponge et de céder au refus de l’enfant est grande. Pourtant, les médecins conseillent de ne pas se décourager et de proposer patiemment au moins 8 à 10 fois le même aliment, d’abord en petites quantités et toujours sous la même forme pour aider l’enfant à le reconnaître. Vous pouvez aussi déguster devant lui les aliments refusés, pour lui montrer l’exemple. Au lieu de le gronder parce qu’il ne mange pas, rassurez-le, expliquez lui en quoi cet aliment sera bon pour lui (pour lui apporter des vitamines qui l’aideront à moins tomber malade, à avoir plus d’énergie pour jouer plus longtemps…). L’important est de ne pas stresser devant vos bambins et de maintenir une atmosphère zen et conviviale autour du repas, afin qu’ils ne se braquent pas davantage.



/article/articles/< Retour