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Miscellanées

La fraise, haute gourmandise

Le nom “fraise” vient de la combinaison des mots latins “Fragra” (fragrance) et “Vesca” (fraisier des bois). Déjà, les Romains appréciaient les fraises pour leurs vertus thérapeutiques. Mais il s’agissait alors de fraises sauvages ; ni eux ni les Grecs n’en firent la culture. C’est au Moyen Âge que l’on commença à planter des fraisiers dans les jardins, comme ce fut le cas, en 1368, dans les Jardins du Louvre à Paris. Depuis, ce fruit magique n’a cessé de s’imposer !

Vitaminée

La fraise est très riche en vitamines. La plus caractéristique et la plus intéressante est la vitamine C, qui atteint en moyenne 60 mg pour 100 g de fruit (contre 53 mg pour l’orange et 41 mg pour la clémentine par exemple). Elle se situe donc parmi les fruits les plus pourvus. Assez pauvre en sucre, elle contient aussi du cuivre et du zinc, ce qui facilite sa bonne assimilation par l’organisme. En plus d’être délicieuse, la fraise peut donc être dégustée sans mauvaise conscience !

Akènes

Surprenant mais vrai, le véritable fruit de la fraise (au sens strictement botanique du terme “fruit”) n’est pas la fraise elle-même, mais les akènes qui la recouvrent, que l’on prend communément pour des pépins. Les akènes libèrent en fait une hormone qui favorise la croissance de leur réceptacle naturel, qui devient alors une fraise !

Gariguette

Trouvant ses origines en Avignon, la Gariguette, c’est la vraie fraise du Midi de la France. De forme allongée, son rouge intense est reconnaissable entre mille. Très juteuse, on aime son goût parfumé et légèrement acidulé qui lui valut un départ difficile dans l’histoire de la culture de la fraise. Cependant, les maraîchers de France comprirent rapidement sa valeur et c’est donc aujourd’hui la variété de fraises précoce la plus cultivée en France ! Pour les palais les plus délicats, une boule de glace ne manquera pas de jouer avec sa légère acidité qui fait toute sa réputation.

4 kg

C’est en moyenne la quantité de fraises savourées en France par habitant, chaque année. Nous sommes donc un pays de gourmandes et de gourmands : notre consommation de fraises a augmenté de 50 % en 10 ans !

La Mara des Bois

C’est la petite cousine de la Gariguette. De forme typiquement ronde et de couleur rouge sombre, son goût très doux à l’arôme boisé, proche de la fraise des bois, la rend propice à glisser dans une salade de fraises qui fera ressortir toute sa rondeur.

La Ciflorette

Elle est aussi appelée “Fragaria Ciflorette”. On la reconnaît par sa forme allongée et sa couleur rouge-orangé. Ferme et juteuse, au goût très sucré, c’est souvent la fraise préférée des enfants !

La Charlotte

C’est la fraise des gourmands ! Sa forme ronde et son rouge soutenu la rendent reconnaissable ; et son goût très sucré en fait la fraise idéale à déguster nature.

Amédée-François Frézier

C’est un agent secret du Roi Soleil du nom prédestiné de Amédée-François Frézier, parti espionner les ports espagnols du Chili et du Pérou, qui découvrit des plants de fraisiers cultivés par les Espagnols, donnant des fruits “gros comme des noix, quelquefois comme des œufs de poule, rouge pâle, avec une chair ferme à l’arôme délicat”. Il ramena cinq plans de Fragaria Chiloensis, les seuls ayant subsisté au voyage de retour, qui furent précieusement cultivés au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris où on les nomma les fraises “Blanches du Chili”. L’espèce put être croisée et répandue. Elle donna naissance aux fraisiers Victoria, Troloppe et Rubis, et surtout Ananas (en croisement avec le fraisier de Virginie), nommé ainsi à cause du parfum de ses fraises, et duquel découle les variétés à gros fruits cultivées aujourd’hui.

Louis XIV

Au XVIIe siècle, Louis XIV, toujours lui, très friand de fraises, se faisait servir dès le mois de mars les fraises que Jean-Baptiste de La Quintinie, "directeur de tous les jardins fruitiers et potagers du roi", faisait pousser à Versailles. A l’époque, on cite 4 variétés de fraises : la rouge, la blanche, la jaune fraise des bois et la capron.

Nicolas Duchesne

Les travaux de l’agronome Antoine Nicolas Duchesne, collectionneur de fraisiers à Versailles, repris par Duhamel de Monceau, permirent d’établir les bases des connaissances sur la fraise. Les fraisiers mentionnés dans les écrits du XVIIIe siècle sont le fraisier des quatre saisons, le fraisier capron, la breslingue, la fraise vineuse, le fraisier de Versailles, le fraisier-buisson et le fraisier fressant, auxquels s’ajoutent le fraisier de Caroline, l’écarlate de Bath et le fraisier coucou, une espèce stérile singulière.

Au XIXe

Le XIXe siècle voit apparaître de nouvelles variétés : la Marmotte, la France, la Saint-Joseph, première variété remontante à gros fruits à être cultivée, et ce en particulier par le jardinier en chef du Trianon, dès 1764. Puis, au début du XIXe furent découvertes la Gaillon et la Gaillon à fruits blancs. Les fraises, à cette époque, étaient majoritairement cultivées en région parisienne pour nourrir la population, puis elles se diffusèrent (Orléannais, Périgord). Les fraises étaient acheminées vers Paris par wagons entiers, quotidiennement, d’abord depuis Hyères, puis depuis Carpentras.

Lot-et-Garonne

Le Lot-et-Garonne est aujourd'hui le premier département producteur de fraise de France. Avec une superficie de 500 Ha et une production globale de 13 000 tonnes, il représente 25% de la production nationale.